Interview de Stéphane Volant - Président de Security Systems Valley (SSV)

Stéphane Volant, Secrétaire Général de la SNCF, est également président du cluster Security Systems Valley (SSV) et du Club des Directeurs de Sécurité des Entreprises (CDSE).
Le dirigeant évoque ses différentes casquettes et donne sa vision des grands enjeux du secteur.

En quoi consiste votre fonction de Secrétaire Général de la SNCF ?

Je m’occupe de toutes les missions transversales. En clair, je ne travaille pas pour un produit en particulier mais je m’intéresse aux questions communes à toutes les fonctions de l’entreprise, dont la sécurité fait partie.
J’ai ainsi autorité sur la direction de la sûreté et ses agents qui patrouillent dans les trains et les gares. J’ai pour mission de définir la stratégie de sécurité afin de protéger nos clients, nos salariés et nos emprises.

Quelles sont les principales problématiques de sécurité pour une grande société de transport comme la vôtre ?

Il s’agit en premier lieu de protéger un symbole de la république qui est présent sur l’ensemble du territoire. Il faut donc assurer la sécurité de milliers de trains, de gares, de sites industriels et de nos millions de clients.
Nous transportons en une journée autant de passagers qu’Air France en une année. La SNCF, en pointe sur tous les sujets de sûreté, est une école de pragmatisme. Cela fait dix ans que je travaille sur ces questions et je continue d’apprendre.

Vous avez été nommé Président de Security Systems Valley (SSV). Pourquoi avez-vous décidé de vous investir dans le cluster ?

Je connaissais bien certains élus du Val d’Oise qui m’ont demandé de porter les couleurs de SSV. En tant que Président non exécutif, mon rôle est d’appuyer les démarches du Département et plus largement de la Région Île-de-France auprès d’un certain nombre de partenaires ou d’acteurs de la sécurité qui permettront au cluster de se développer. SSV répond à un vrai besoin: celui de réfléchir en décloisonnant. En travaillant de cette manière, les réflexions sont beaucoup plus riches. Les différents acteurs mutualisent ainsi leur expertise, partagent leurs expériences, confrontent les technologies entre elles. Le cluster intègre aussi une dimension expérimentale. Des solutions sont testées de façon extrêmement pratique sur le terrain. Si elles sont adaptées, l’ambition est de les généraliser. Si elles ne le sont pas, nous les réorientons ou les abandonnons.

Vous être également président du Club des Directeurs de Sécurité des Entreprises (CDSE). Quel est votre rôle au sein de l’association ?

Le club regroupe les directeurs de sécurité et de sûreté des 150 principales sociétés françaises. Nous échangeons des bonnes pratiques, nous anticipons les évolutions et nous sommes le principal interlocuteur de l’État lorsqu’il s’agit de règlementer la sécurité dans les entreprises. Lors de chaque réunion, des thèmes comme la cybersécurité, les incivilités, la sécurité privée ou encore la responsabilité pénale sont abordés. Finalement, ce sont exactement les mêmes problématiques qu’au sein du cluster SSV, traitées à une échelle plus vaste que le Val d’Oise.

Quels sont les enjeux actuels en matière de sécurité globale ?

L’enjeu technologique, pour commencer, car nous sommes en pleine révolution de l’intelligence artificielle. La dimension humaine, ensuite. Chaque individu a envie de participer à la sécurité collective. La dimension économique également : la sûreté n’est pas un coût mais un investissement rentable qui garantit la sécurité des clients pour une entreprise, la tranquillité des collaborateurs et la fiabilité des produits. Enfin, l’État doit encourager l’ensemble des acteurs à réfléchir à ces sujets qui ne sont pas juste l’affaire de la police et de la gendarmerie.

 

(Interview publiée dans le Magazine du CEEVO - 1er trimestre 2019)


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